Pour un humanisme numérique

Programme 18 Jan 2014

L’agglomération rennaise accueille nombre de compétences autour du numérique: recherche et innovation technique (IRT Bcom, Images et réseaux), production de biens et de services numériques. Mais les plans sociaux s’enchaînent : Motorola, Technicolor, ST Microelectronics, Renesas, Alcatel, la filière numérique souffre dans le bassin rennais. Il est de temps de prendre des mesures courageuses afin d’endiguer la désindustrialisation de nos territoires et d’engager la transition écologique de l’économie numérique. Réseaux électriques intelligents (smart grids), innovations technologiques et sociales, politique ambitieuse de développement et d’accompagnement aux usages des NTIC, les recettes pour créer des emplois locaux de qualité ne manquent pas.

NOS OBJECTIFS

  • Le numérique pour des emplois non délocalisables et à forte valeur ajoutée sociale. Il est scandaleux que l’argent public vienne aujourd’hui financer des plans sociaux d’entreprises qui abandonnent toute ambition industrielle sur le territoire au profit de logiques purement financières. La Ville doit aussi accompagner les entreprises vers une diversification et une relocalisation des emplois, en lien avec les salarié-es.
  • Réduire la fracture numérique. Il faut assurer à toutes et à tous un égal accès aux équipements et aux technologies les plus performantes. Mais cette fracture aujourd’hui est bien plus prégnante concernant les usages: avoir accès à un ordinateur ou à Internet ne veut pas forcément dire savoir les utiliser correctement ou de façon optimale.
  • Une économie numérique humaniste. Loin des usages purement consuméristes, les usages citoyens, participatifs, spontanés sont une source inépuisable d’innovation et de création de lien social. Renouvellement des pratiques démocratiques, relocalisation de l’économie (télétravail, visioconférence), construction du savoir et partage des connaissances, économie sociale et solidaire, éducation populaire, tant de choses restent à faire !
  • Accompagner et développer les usages. L’éducation à des usages raisonnés, notamment pour les plus jeunes est une responsabilité collective.
  • Des usages du numérique sobres en énergie et solidaires avec les hommes et les femmes ici et ailleurs. L’usage accru du très haut débit et des nouvelles technologies a un coût environnemental, en termes de consommation énergétique et de réchauffement climatique. Tout comme la fabrication des biens de consommation dont nous jouissons au quotidien (tablettes, smartphones) qui a aussi un coût environnemental et parfois humain élevé pour les pays où nous prélevons les matières premières nécessaires à leur fabrication. C’est pourquoi réparation et recyclage doivent être les maîtres mots.

NOS ENGAGEMENTS

  • Emploi et valeur ajoutée sociale :

    • Conditionnement des aides publiques au pôle Image et Réseaux et aux opérateurs du numérique à des critères de maintien de l’emploi sur le bassin rennais. Suspension immédiate des subventions en cas de licenciements ;

    • organisation d’une table ronde des acteurs de la filière, des syndicats, des collectivités, de collectifs d’usagers et d’usagères afin de définir des orientations de diversification de la production de biens et de services ;

    • appel d’offres « réseaux électriques intelligents (smart grids) » afin de développer la recherche sur les applications possibles de ces réseaux sur le bassin rennais ;

    • plan de recrutement et de formation de médiateurs et de médiatrices du numérique pour l’animation et l’accompagnement aux usages au service des habitants et des habitantes.

  • Un accès égal au numérique :

    • Comme cela se fait déjà ailleurs en France (à Brest notamment) mettre en place un tarif social d’abonnement à Internet à 1 euro/mois ;

    • augmenter le nombre de points d’accès informatique à Rennes, dans les maisons de quartier, les centres sociaux, les pôles associatifs, les lieux publics et s’assurer de l’accès à un matériel adapté pour les personnes en situation de handicap (personnes à mobilité réduite, déficients visuels, etc.) ;

    • création d’un vrai service d’accompagnement aux outils internet et informatiques pour les usagers et usagères des nouvelles technologies.

  • Contre le numérique déshumanisé :

    • Pas de financement public pour le développement de technologies pouvant concourir à une limitation ou à une remise en question des libertés publiques et des droits individuels ;

    • promotion des usages libres d’internet (open source) en interne des services de la Ville de Rennes ainsi qu’auprès des autres usagers ;

    • favoriser le principe de l’open data pour faciliter l’accès de toutes et tous aux données municipales (données brutes publiques, documents administratifs, enquêtes publiques, budgets, audits) et favoriser la mutualisation des échanges et des données ;

    • expérimenter de nouvelles pratiques d’e-démocratie (sites collaboratifs ouverts aux habitants, forums, e-vote sur des questions d’aménagement ou de grands projets urbains, etc.) ;

    • garantir les libertés numériques et notamment s’opposer au fichage des habitantes et des habitantes.

  • Usagers éclairés et responsables :

    • En lien avec le Conseil général, mener une campagne d’éducation aux usages des NTIC et d’Internet auprès des élèves du primaire et des collèges de Rennes Métropole ;

    • afin de protéger les enfants et les femmes enceintes comme le recommandent l’Union européenne, l’Organisation Mondiale de la Santé ainsi que la loi de refondation de l’école publique de 2013, interdire le Wifi et l’utilisation des technologies 3G et 4G à l’école et dans les crèches ;

    • limiter le Wifi et privilégier l’accès filaire à Internet (par câblage) dans les lieux accueillant du public ;

    • faire réaliser par le CRIREM, seul centre de recherche indépendant, des campagnes régulières de mesures des niveaux de champs électromagnétiques à Rennes ;

    • engager un vrai travail de négociation avec les opérateurs de téléphonies mobiles afin de co-élaborer une charte ambitieuse garantissant aux habitants un bon niveau de service tout en préservant la santé de toutes et tous, avec un abaissement des seuils d’exposition aux ondes à 0,6 V/m maximum.

  • Abaisser le coût environnemental et humain du numérique :

    • Création d’un service public d’entretien, de réparation et de recyclage du matériel informatique et électronique confié à une structure de l’économie sociale et solidaire (entreprise d’insertion, association, SCOP) et animation d’ateliers recyclage-réparation dans les quartiers ;

    • accompagnement vers des usages plus économes en énergie des NTIC et de l’Internet par des campagnes d’information aux habitants et aux habitantes, et animation d’ateliers sur les usages d’Internet et des NTIC ;

    • favoriser les usages mutualisés et collaboratifs des équipements publics ;

    • développer des programmes d’échange et de recyclage du matériel informatique et électronique dans les pays en voie de développement ;

    • à Rennes, il y a très peu de points visioconférences : nous proposons de développer les points visioconférences ouverts pour éviter au maximum les déplacements contraints.

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