Une gestion efficace des déchets

Programme 18 Jan 2014

Si dans le domaine de la réduction des déchets ménagers l’agglomération rennaise fait mieux que la moyenne nationale, ce sont encore 200000 tonnes de détritus qui transitent chaque année par ses poubelles. Il s’agit donc de diminuer considérablement la production de ces déchets. Car moins de déchets signifie moins d’incinération, moins de stockage et d’enfouissement. Au contraire, plus de recyclage signifie des matières premières épargnées et des ressources supplémentaires pour le financement du service public. Un objectif majeur pour l’avenir.

NOS OBJECTIFS

  • Nos cinq objectifs pour une gestion écologique des déchets sont, dans l’ordre de priorité: la prévention, la réutilisation, le tri, le recyclage, et le traitement du résiduel. Notre approche en matière de gestion des produits et des déchets qu’ils risquent de devenir, intègre de façon concomitante une large gamme de préoccupations environnementales, sociales et économiques.

NOS ENGAGEMENTS

  • Produire moins de déchets, la priorité absolue.

    • Déployer, à l’échelle de l’agglomération, un ambitieux programme de prévention des déchets visant à faire baisser les tonnages et à sensibiliser les habitants à la notion de consommation limitée à l’utile, au durable, à la réparation locale, à l’économie de ressources. Nous proposons, notamment, de: . renforcer les actions de communication en direction des ménages et des réseaux de distribution (lutte contre le suremballage), . développer des outils pour aider la restauration collective à moins gaspiller, instaurer un cahier des charges concernant le tri et les dépenses d’énergie dans toutes les manifestations publiques organisées ou soutenues par la Ville ;

    • financer l’enlèvement des ordures ménagères : ainsi que la majorité des collectivités françaises, Rennes Métropole a choisi comme mode de financement du service des déchets, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM, basée sur le foncier bâti), couplée avec la redevance spéciale (qui touche entreprises et administrations). Nous avons l’objectif de passer de 200 kg/an d’ordures ménagères par habitant à 100 kg/an. Cela permettra de réduire l’utilisation de l’incinérateur et des décharges. La redevance incitative prévue par le Grenelle de l’environnement doit devenir un outil pédagogique et collectif. Il ne saurait être question pour nous d’organiser le contrôle individuel des pratiques de chaque habitant. Il s’agira de faire peser cette redevance sur les principaux producteurs de déchets pour les réduire à la source.

    • créer les conditions d’une fermeture de l’incinérateur, en s’appuyant sur le triptyque Prévention, Réemploi, Recyclage. Cet objectif posé, la poursuite du fonctionnement de l’installation existante exige un contrôle renforcé des rejets, un suivi éco-toxicologique et épidémiologique sérieux et une meilleure information du public sur les résultats des contrôles (mesures détaillées disponibles sur internet). Sur le plan énergétique, nous étudierons la possibilité que la partie co-génération actuelle soit remplacée par une unité de méthanisation de biodéchets ;

    • impulser la création d’un parc industriel « zéro déchet »: les activités économiques et industrielles génèrent d’importantes quantités de déchets dont une grande partie est encore incinérée ou enfouie. L’économie circulaire – système où les sous-produits d’une activité deviennent les ressources d’une autre activité – constitue une alternative bien plus écologique. Pionnière en la matière, la ville danoise de Kalundborg a drastiquement réduit les gaspillages d’énergie et de matières premières en suscitant ce type de synergies: nous proposons une transposition locale de ce modèle via la création d’un éco-parc industriel dans l’agglomération rennaise, et nous voulons réduire le recours à l’enfouissement des déchets issus des chantiers par la promotion des éco- matériaux dans la construction neuve et la rénovation ;

    • en s’appuyant sur leurs homologues aux parlements français et européen et en articulant leur travail avec les acteurs de la société civile, les élu-es « Changer la Ville ! » se mobiliseront pour obtenir l’instauration de véritables mécanismes d’internalisation des coûts de gestion des déchets dans le prix des produits initiaux. Le paiement à l’achat est, en effet, le meilleur levier pour réaliser des changements de production et de consommation. Cela passe par une application généralisée et approfondie du principe de Responsabilité Élargie des Producteurs (R.E.P.: le producteur et le distributeur doivent se donner les moyens d’assumer le devenir en fin de vie de leurs produits). En complément, une discrimination fiscale positive doit être opérée par l’État en faveur des produits les plus favorables à l’environnement par une TVA réduite sur les écoproduits, les outils de prévention comme les composteurs, etc.

  • Maximiser le tri et le recyclage :

    • soutenir le développement de recycleries/ressourceries, comme une seconde étape complétant l’essor bénéfique des déchetteries ; développer le réemploi par la promotion du don, de l’échange et de la location (chacun doit- il posséder sa perceuse, son Kärcher, etc. ?) et encourager le développement de nouvelles filières de traitement des déchets issus notamment de la restauration et du bâtiment et des travaux publics ; – généraliser la valorisation organique des déchets fermentescibles, en tant que matière organique destinée à retourner vers les sols agricoles (gravement déficitaires). Pour cela, il faut promouvoir toutes les solutions de gestion de proximité des biodéchets: compostage (individuel, de quartier, de bas d’immeuble, de jardin public), broyage et paillage, nourrissage des animaux… À ce sujet, nous excluons un recours au Tri Mécano-Biologique. Le TMB est le nouvel avatar des industriels français du déchet prétendant trier correctement les fermentescibles. En réalité, le compost obtenu est impropre à l’agriculture car chargé de résidus, même s’il répond à une norme française trop laxiste ;

    • instaurer, de façon complémentaire, une collecte sélective des biodéchets. Une telle collecte peut se mettre en place progressivement par quartier et auprès des plus gros producteurs comme les cantines (établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraites…), la restauration privée ou les grandes surfaces. Réaliser une collecte des fermentescibles au sein des écoles est aussi un acte pédagogique pour l’avenir. Une fois la collecte sélective des biodéchets mise en place et le tonnage connu, il sera possible d’envisager un recours à la méthanisation, procédé permettant une double valorisation de la matière organique et de l’énergie ;

    • proposer un tri des encombrants au pied des immeubles via des « mini déchetteries de proximité ». Cette solution a été expérimentée avec succès par Lille Métropole où des locaux d’immeubles ont été aménagés pour recevoir les déchets selon leur nature. Ce tri effectué en amont par les habitants a permis de réduire de manière spectaculaire le tonnage d’encombrants non valorisés ;

    • développer l’utilisation de couches lavables au sein des crèches municipales et mettre en place un service de blanchisserie pour en assurer l’entretien. Un service qui pourrait être confié à une structure d’insertion par l’activité économique. À Besançon, cette nouvelle activité a permis l’embauche de salariés en insertion assurant la prestation entretien – livraison mais aussi la conception des couches lavables.

  • Une gestion publique et transparente des déchets. Nous proposons d’organiser une véritable maîtrise publique de la gestion des déchets comprenant :

    • La création d’une régie publique des déchets. Pour que Rennes Métropole puisse orienter en permanence les activités de traitement et de collecte, les élus « Changer la Ville ! » feront le choix de la régie publique pour les services de collecte et de tri des déchets, actuellement confiés à des grands groupes privés. La reprise en main publique permettra aussi d’améliorer la transparence et la maîtrise des coûts ainsi que le contrôle démocratique ;

    • une participation active des citoyens à la gestion de leurs déchets (tri à la source, apport aux recycleries, consommation raisonnée…), à la prise des décisions et au suivi de celles-ci. La concertation et les débats doivent donc être engagés plus en amont, au travers par exemple de démarches de conférences citoyennes. Si l’on veut dépasser l’écueil du syndrome NIMBY (« Not In My BackYard », c’est-à-dire prôner une proposition mais refuser de se l’appliquer à soi-même), il faut faire enfin jouer pleinement et enrichir les outils d’information et de concertation théoriquement déjà existants :

    • des plans territoriaux débattus et vraiment suivis et ajustés dans le temps ;
    • des rapports annuels sur la gestion du service digne de ce nom, portés à la connaissance des administrés et aisément compréhensibles ;
    • des Commissions Locales des Usagers des Services Publics systématiques et véritablement opérantes ;
    • des Comités de suivi et de surveillance disposant, eux aussi, de moyens suffisants pour permettre un fonctionnement régulier et dynamique, des contrôles indépendants ;

    • un développement du volet social de la politique des déchets: une gestion des déchets privilégiant les services, la réparation, le tri pour recyclage, recèle un formidable potentiel de création d’emplois dont le secteur de l’économie sociale et solidaire doit être le premier bénéficiaire. Des métiers sont encore à développer autour de la prévention des déchets (maîtres composteurs, conseil en économie familiale…) qui favoriseront par ailleurs le lien social et l’autonomie de nos concitoyens et concitoyennes. De véritables filières d’éducation et de formation continue doivent être montées en conséquence. Le développement du marché du recyclage, avec un souci de rechercher des solutions locales de gestion de la ressource, sera envisagé comme un facteur de re-localisation des activités.

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